2 janvier 2012
A 5 h 20 nous montons dans la navette qui fait le tour des hôtels
puis des terminaux. Le conducteur de la navette est un imitateur de
talent. Quand je lui demande si il va au terminal 3, il imite le
rugissement caractéristique du varan de Komodo avant la période des
amours.
N'ayant rien compris, je simplifie ma demande ainsi: terminal 3 ?
en secouant la tête de bas et en haut en terminant par un regard
interrogatif. L'artiste me répond en imitant le varan de Komodo qui
s'adresse à un débile mental. Son grognement étant accompagné d'un
hochement de tête, j'en conclu qu'il doit s'arrêter au T 3.
Un espagnol qui ne maîtrisait pas le language des varans ne sut
jamais si la navette s'arrêtait au T 2. Il descendit au parking
longue durée et rata certainement son avion.
Dans un éclair de professionnalisme, le conducteur grommela une
onomatopée qui se terminait par un " 3 " qui nous fit descendre en
catastrophe du bus.
En fait, nous étions à la gare du RER.
ll en faut toutefois beaucoup plus pour désorienter des
explorateurs de notre niveau.
Nous avons en effet effectué plusieurs séjours à Roissy 1 et Roissy
2, ainsi que plusieurs raids en solo dans ces 2 terminaux.
Pour se repérer, une des techniques consiste à chercher des infos
sur les panneaux indicateurs. Nous sommes à Roissy, il ne faut pas
rêver.
L'autre méthode consiste à attrapper un agent du sevice
information.
Il faut savoir que l'agent est un individu très discret qui
préférent les zones calmes et sombres.
Souvent recruté sur le principe de la discrimination positive, il
est de surcroît vétu d'un uniforme sombre ce qui dans l'ombre le
rend pratiquement indécelable.
Il arbore toutefois un petit badge clair sur lequel il est écrit
"Information". Cette petite plaque agit parfois à la façon d'un
miroir qui renvoit la lumière, ce qui trahit sa présence.
Grâce à cette technique, nous en attrapons un. En fait, nous le
réveillons.
Ce n'est pas bien de réveiller un agent. Cela nuit à la qualité de
l'info qu'il délivre. Il nous indique toutefois une allée couverte
balayée par la pluie et le vent en marmonnant " par là ".
Après 500 mètres de marche dans d'excellentes conditions d'humidité
et de fraîcheur, nous arrivons au T 3.
Pour réaliser ce bel ensemble architectural, le concepteur de cette
oeuvre s'est largement insipiré de l'entrepôt des 3 Suisses à Hénin
Liétard, ainsi que des bâtiments de stockages de DHL et de
Chronopost.
L'architecte a su relever le défi de la coexistence entre les
matières brutes du métal et du ciment et le désarroi du voyageur
qui aspire aux rêves s'un séjour 10 j 12 nuits tout compris.
C'est prodigieusement glacial, désarmant , inconfortable, et
triste.
Bref, c'est une vraie réussite architecturale.
Cette oeuvre est une incitation immédiate au voyage. Une ode à
l'Envie de Partir.








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